Le Désert Rouge

Le désert rouge m’a toujours fait rêver car pour moi, l’Australie rime avec faune sauvage, territoires vagues et chapeaux de cowboy. Les couleurs ocre et la chaleur aride ont fait partie du séjour, ainsi que la population majoritairement aborigène. Je me suis frottée à la culture locale, et à l’authenticité australienne. Georgie et Shauna, mes deux colocs, m’ont accompagnée dans ce périple rouge ocre !

Jour 1 : Uluru

On arrive le premier jour à Ayers Rock. L’avion nous dépose pratiquement au pied du précieux rocher et c’est sous 40 degrés qu’on rencontre notre groupe pour les trois prochains jours. Notre guide, Geordie, 22 ans et la gueule de bois bien visible en ce lundi matin, nous accueille au bus. Il prend timidement nos sacs et nous amène au centre culturel de Ayers Rock. On apprend beaucoup de choses sur l’histoire aborigène, et sur leur rapport à la terre ancestrale.

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Le territoire du Nord, après sa colonisation par les troupes anglaises, souffrit des vices du peuple blanc. Les anglais apportèrent des maladies et les aborigènes développèrent des addictions à l’alcool et à l’opium. Les colons ne savaient pas gérer la terre, et d’énormes feux ravagèrent la faune et la flore, bouleversant l’écosystème. C’est uniquement après The Aboriginal Land Rights Act en 1976 que le site fut rendu à ses propriétaires et déclaré au patrimoine mondial de l’UNESCO, et que des mesures furent mises en place pour le protéger. Aujourd’hui les aborigènes apprennent aux australiens comment s’en occuper et comment faire de petits feux en hiver pour éviter les feux géants en été.

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S’en suit une marche de deux heures en plein cagnard autour d’Uluru. La roche est impressionnante et mystique, et les filles et moi peinons à marcher sans brûler ! Notre guide, Geordie, toujours pas très réveillé, nous raconte rapidement quelques mythes aborigènes. Le soir même on observe Uluru au coucher du soleil, scène de couleurs rosées et orangées absolument magnifiques.

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Uluru

Je me sens déjà bien dans ce désert. A part quelques araignées et serpents mortels, il n’y a pas d’insectes trop embêtants. Juste des mouches dans tous les sens ! La nuit est chaude et paisible, et c’est dans la pénombre qu’on rejoint notre campement. On aide le guide à couper les légumes, faire la vaisselle, allumer le feu de camp. Tout le monde aide à porter les boites et établir la vie communautaire.

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On doit dormir dans un « swag », l’équivalent d’un gros sac de couchage, mais la chaleur est telle qu’on dort par-dessus, sous les étoiles. Shauna et moi ne dormons pas de la nuit, car un jeune homme sur le tour ronfle terriblement fort, et qu’on a peur d’être piquées par un insecte ou pire !

Jour 2 : Uluru et Kata Tjuta

On se réveille à 4h du matin pour aller observer Uluru au lever du jour. Le réveil n’est pas très difficile puisqu’on n’a pas dormi du tout, mais je sens que Shauna est un peu sur les nerfs ! On prend le petit déjeuner en observant les lumières jaunâtres remplir le ciel, éclairant petit à petit la roche. Dépendant de l’heure à laquelle on observe Uluru, les couleurs sont complètement différentes.

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C’est juste après qu’on part faire un trek de 8km sur Kata Tjuta. On commence à sympathiser avec le groupe, et quelques anglaises nous racontent un peu leur périple. Il y a beaucoup de gens qui viennent en Australie juste pour six semaines afin de faire un tour du pays et de la Nouvelle-Zélande.

Le trek nous emmène dans des roches immenses où se trouvent parfois des courants d’eau. Malgré l’heure matinale, il fait très chaud, et je sens que Geordie se remet enfin de sa gueule de bois. Né à Alice Springs, il étudie à Adélaïde quand l’envie lui prend, mais il préfère la gestion de tours opérateurs, où il prend à peine un jour off par semaine.

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L’arrivée en haut de Kata Tjuta vaut l’effort physique, tant on se sent minuscule au sein de ce grand paysage ! La descente s’avère plus compliquée car pour ceux qui ne sont pas au courant, j’ai une phobie de glisser ! Oui, oui. Et je le souligne bien à tout le monde au cas où on m’oublierait toute seule là-haut.

Quand on arrive au campement, c’est avec soulagement qu’on voit des tentes ! Shauna, officiellement en larmes car elle n’est pas du tout (mais alors pas du tout) dans son environnement, fonce dormir à l’abri des insectes et des regards. On déguste un petit cidre au coin du feu, et la nuit est plutôt douce, sauf quand l’envie soudaine d’aller aux toilettes me force, la peur au ventre, à parcourir le terrain désertique jusqu’au trou qui fait office de toilette.

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Notre campement et les « swag »

Jour 3 : Kings Canyon et Alice Springs

Dernier réveil à 4h du matin pour grimper le Kings Canyon. Malgré la difficulté du début (400 marches étroites et raides), Kings Canyon sera la belle surprise du voyage. Je trouve le lieu incroyable par sa beauté et ses paysages à perte de vue. Je suis officiellement noire et je commence à apprécier ces réveils matinaux, le manque de réseau et la nature envahissante.

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Kings Canyon

Il ne faut pas oublier que le désert australien s’étend sur des milliers de kilomètres, et qu’il faut quatre heures pour atteindre Alice Springs. Il n’y a pas beaucoup de stations essences, ou de stops réguliers, seulement une longue route interminable. Je me prends à regarder par la fenêtre le « bush » australien, et l’aridité des paysages. À mes yeux c’est très beau.

Le séjour se termine par une balade à chameau avant de rejoindre Alice Springs. Cette ville a mauvaise réputation. Majoritairement aborigène, elle est dangereuse pour tout touriste blanc, souvent victime de vol. Georgie s’est fait voler ses affaires lors d’un stop rapide sur la route d’Alice Springs, ce n’était pas un mythe. Les aborigènes errent dans les rues, pieds nus, les vêtements sales et déchirés, une bouteille à la main. Vilain contraste avec les magasins et restaurants touristiques, uniquement tenus par des hommes blancs.

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Attablée à une table de café, des petits garçons aborigènes courant et jouant devant l’établissement, je vois une vieille dame australienne s’arrêter, leur criant dessus d’un air dégoûté, d’arrêter de « courir dans tous les sens ». Venant du pays de l’enfant roi mal élevé, cette image me choque. Le racisme à l’encontre des premières nations est très fort dans les régions rurales, et je le découvre de plus en plus durant chaque voyage.

Après un dîner et une soirée avec tout le groupe du tour, on reprend l’avion le lendemain matin. J’ai adoré l’Outback australien, notamment par ses couleurs et son aspect hors du temps. Qui a dit que l’Australie n’a pas d’histoire ? J’en ai beaucoup appris sur ce pays, riche en mythes et références aborigènes, pays né bien avant l’invasion des anglais.

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And goodbye!

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