Montréal, mon amour

Montréal mon amour…

Je repense toujours avec nostalgie à Montréal, ses rues gelées et les hauts buildings de la rue sainte-Catherine. Et pourtant, Montréal n’est pas très belle..on a fait plus beau comme ville quoi ! Mais Montréal me manque « à chaque jour ». Car ce qui a fait de Montréal une ville aussi géniale, ce n’est pas seulement les études à McGill, les soirées endiablées, et le Mont-Royal, mais surtout les gens que j’y ai rencontrés et les leçons que j’en ai tirées. La liberté éphémère dont on a joui. Jeff, Mayu, Paul, Jacks, Marie, Guigs, Gus, Ran, Cec, Gaby, Willa…ou Nico, Vic, Andréa, Georges, Will, Cap, Ariane, Clément, Emma, Safaa, Antoine…tant de noms qui ravivent ma mémoire de joyeux souvenirs.

Montréal, août 2012. Plein de petits jeunes de 17/18ans se découvrent et se tâtent. Montréal se dévoile, pure, authentique, bilingue. La frosh donne le ton de ce que seront quatre années festives, faite de beuveries et de rencontres incessantes. Le dortoir qui nous sert de « résidence » est un joyeux bordel, au sens original du terme. Pourtant, on nous conseille d’éviter « le floorcest ». À vos risques et périls !

Les nationalités se mélangent. On retrouve un nombre fou d’américains, de français, mais aussi de vénézuéliens, de libanais, Égyptiens, marocains…toute la francophonie du monde réunie dans la petite ville de Montréal ! Ici pas de mauvaises rencontres. Je ne ressens que le désir, et le plaisir combiné de rencontrer des gens, de se découvrir, d’apprendre. On rigole, on se toise, et finalement on s’apprivoise de part et d’autre du monde. On échange des numéros, on s’invite aux grosses soirées, même si cela signifie « sign in » à la réception des gens toutes les deux minutes.

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Mes copines de toujours, Mayumi et Jacqueline, découvrent à leur rythme aussi ce nouveau monde. Loin de leurs familles, elles vivent leurs premiers émois et leurs premiers doutes. Cette vie-là est-elle faite pour moi ? Si loin de tout ? Et pourtant, de mes rencontres à la résidence New Rez, et des leurs à la Citadelle, se forge au fil des mois un groupe à l’amitié dure et fidèle. Un mélange improbable se forme, des personnalités aux mondes si différents se rencontrent pour créer un groupe stable, familier. Une 2e famille quoi.

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Je découvre tant de choses grâce à Gabriela et Willa. Oui, peut-être ma première cuite…mais surtout à m’aimer, moi qui avait manqué de confiance en moi si longtemps. Séduisez-vous, aimez-vous. Fait ce qu’il te plait bon sang ! À Montréal, on ne juge pas. Tu n’es plus au lycée. Passe du français à l’anglais, on s’en fou. Marche dans la rue affabulée d’une culotte sur la tête, on te trouvera originale. Embrasse qui tu veux, souris, ris, danse surtout !

On a beaucoup dansé à Montréal. Dans nos appartements du centre-ville, on ne manquait pas de place. Avec pour unique meuble un micro canapé Ikea, et une petite basse JBL à 30$, on dansait tous les soirs. Nos jours de repos étaient uniquement le dimanche et le mercredi. On profitait, car on savait que ça ne durerait pas. Mayumi m’a dit un jour : « A 22 ans on sera trop has been pour aller en boîte, autant en profiter ! ». Haha.

Bientôt 24 ans…

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Montréal, ce n’est bien sûr pas que la fête. Dois-je vous rappeler la pression qu’on avait à McGill pour réussir nos examens, intégrer les bons Master, être dans le 10% ? Je regrette aujourd’hui d’avoir stressé pour ces choses-là. Si je pouvais retourner en arrière et murmurer à la jeune fille que j’étais « relax, c’est pas la vraie vie ».

Mais moi je me rappelle des saisons, et c’est ce qui me manque le plus aujourd’hui.

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A Montréal, le printemps n’existe pas. On passe de l’été, tantôt sec, tantôt pluvieux, à l’automne, majestueux. L’été indien qui ne dure que quelques jours nous offre des fleurs rouges et oranges magnifiques. On prépare l’Halloween, comme disent les québécois. Et toi tu te déguises en quoi ? Où qu’on le fait le pre ? On va chercher nos citrouilles, on mange des pommes, des tartes, on boit des pumkin spice latte au Secund Cup. On prépare simultanément les midterms, toujours en plein milieu des grosses soirées Halloween bien sûr. On réserve nos tickets aux soirées universitaires mais on y va rarement. On est si bien ensemble.

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Les corps se mélangent. Rien de tout cela n’a de l’importance. C’est le fun oh ! Touchez-vous, toisez-vous, on rigole, ça va là. Mon groupe d’ami est là, au rendez-vous. On est atypiques, je ne vous le cache pas ! Mais cette période de nos vies est aussi éphémère que vivante. On est tellement libres !

L’automne fait place à l’hiver. Blanc et froid, silencieux. Glacial. On sort les Canada Goose et on se fait traiter de français. Certes…On doit marcher 15 longues minutes pour aller chez l’un ou l’autre. Sacrifice ! Réchauffons cela à la vodka. Allons au Café Campus. Le Mardi c’est rétro, ça chante français, on aime bien. Le jeudi c’est pas cher ! Le vendredi c’est bondé, mais bon, il faut sortir, c’est vendredi ! Le samedi c’est de trop, mais on y va quand-même.

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La journée on se retrouve dans le café tenu par le proxénète de la rue McGill. On révise nos cours, on surligne des pages et des pages, on prend un, puis deux, chocolats chauds. Maudite neige qui nous freine dans nos élans ! Le soir on fête Thanksgiving. On n’est ni canadiens, ni américains, mais on aime ça, avoir des traditions. On cuisine pendant des heures ; qui fera la meilleure purée ? On achète deux poulets, la dinde rentrerait difficilement dans un petit four étudiant. Chaque année les effectifs doublent. On s’habille, on mange trop, on invite trop de monde, alors ça sera un buffet cette fois-ci. On joue au jeu des défauts, qui a encore eue cette idée ?

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Un mois plus tard, avant les finals, on fait Secret Santa. Il faut toujours qu’une personne dévoile qui elle a, et les paris vont bon train. Je déguste mon café latte à la menthe. Je prends goût à ces inventions américaines, shame on me. On doit déjà rentrer chez nous pour Noël. Quoi ? Ça fait deux ans qu’on est au Québec ? Mais non. Jure. Vous allez trop me manquer pendant le break !

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La neige en revanche, elle, nous manque rarement. L’hiver, le vrai, s’étend de janvier à avril. Maudit verglas qui me force à regarder le sol comme une folle. On va à la patinoire, on s’organise un week-end au chalet. Une vie qu’on ne reproduira pas, c’est certain. Le stress du 2e semestre monte, on parle déjà de GMAT, Masters en tout genre, stages…on n’a pas de temps, pas assez de temps !

Et pourtant, quand on est étudiant, on a que ça du temps ! 12 ou 15h de cours par semaine, quelques heures de révisions par jour, nous laissent amplement le temps, justement, de profiter de la vie. Je découvre Montréal à mon rythme. J’apprends à aimer ses rues, ses quartiers définis. Le plateau, oh so french, est selon moi la scène artistique de la ville. Je longe le petit square derrière l’Avenue du Parc, je traverse la place pavée, ornée de restaurants français, turcs, italiens, et j’admire les bâtisses. Quand les fleurs apparaitront dans les arbres, ce sera un lieu très prisé pour les PP Facebook, je vous le dis.

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Je continue souvent ma balade jusqu’au Mile End. On passe au monde anglophone pur, hypster à souhait, la scène est plutôt musicale. Les gens font des heures de queue pour aller bruncher à l’Avenue. Tous les cafés débordent de gens, les librairies et music stores sont pris d’assauts par le québécois du coin. Les boutiques de lunettes se font la concurrence, les vintage stores aussi. Qui n’a pas un levis aux fesses et des converses aux pieds ? Malgré le froid, Montréal vit et déborde de joie ! Ça ne ressemble en rien à une ville de province un dimanche. Je m’approche du monde rassemblé sur la rue Saint Viateur. On me souffle que ce sont les meilleurs bagels de la ville, bien meilleurs qu’à New York ! Impossible de ramener ma trouvaille intacte à la maison, c’est trop bon.

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L’été est là, enfin ! La chaleur envahit mon petit deux pièces que je partage avec Paul. Déjà 3 ans que je suis à Montréal. C’est trop peu, il y a tant de choses à découvrir ! On vit juste sur la place des arts. Les Francofolies jouent pendant deux semaines, on entend qu’eux. On prend nos vélos et on va se balader au vieux port, apparemment ça grouille d’activités. On décide finalement d’aller au parc, qu’il est beau, l’eau est enfin là, on va pouvoir réorganiser des week-end « au lac ». On fait nos joggings au Mont-Royal, on contourne le lac aux castors où il n’y a jamais de castors, on se prélasse sous les bâtiments de l’école.

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Il y a peu de choses à faire, et pourtant, ma liste d’activités semble s’étendre tous les jours. Si on allait voir le jardin botanique, les fleurs doivent être en joie ! Ou plutôt, aller au marché Atwater ? On me dit que le quartier industriel s’est gentrifié, et qu’il est très agréable. Pourquoi pas découvrir Boston? On enchaine les dîners, c’est la saison du barbecue après tout, certains d’entre nous travaillent déjà. On est calmés, apaisés, qu’est-ce qu’on vieillit vite. On n’aimerait pas se perdre de vue. Quelle chance que nous nous retrouvions tous à Londres l’an prochain !

Bon allez, on se fait un dernier Café Campus ? Une petite Tulipe ? Ça n’aura plus jamais la même saveur.

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