Le Bénin

En décembre dernier, à l’occasion du mariage de nos amis béninois rencontrés au Canada, Zafir et Amira, nous sommes partis à la découverte de leur pays d’origine.

Le Bénin n’était pas forcément sur notre liste. Ce n’est pas un pays connu pour son tourisme, et on lui préfère régulièrement le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Et pourtant, nous n’avons pas été déçus. Le Bénin est un petit pays chaleureux et sécurisé où la douceur de vivre est entrainante.  Il fait chaud, la ville de Cotonou est bien développée et accueillante, le Sud est une destination balnéaire et tranquille, tandis qu’on retrouve le parc national de la Pendjari au Nord, déconseillé malheureusement depuis l’enlèvement de deux français en 2019 à la frontière du Niger.

Comme souvent lors de nos voyages, nous réalisons que l’histoire du Bénin est liée à celle de la France. Les béninois parlent français, un français qui ferait rougir nos compatriotes, tant il est éloquent (ou bien même grandiloquent !) Le Bénin est le siège de civilisations anciennes qui furent bâties autour de royaumes centrés sur des cités-États. La République du Bénin est située sur le golfe de Guinée. Protectorat en 1884, puis colonie française, le Bénin a accédé à l’indépendance complète le 1er août 1960, sous la dénomination de République du Dahomey, avant de prendre en 1975 son nom actuel.

Nous avons donc assisté au mariage de Zafir et Amira. Le mariage était découpé en trois cérémonies, une cérémonie religieuse (nous n’y étions pas), une cérémonie civile découpée en une matinée avec le maire, et un dîner très élégant avec une « poignée d’invités » le même soir. Le dernier jour se fut la cérémonie traditionnelle avec une quantité astronomique de nourriture, où j’ai porté la fameuse robe en tissu rose choisie par la mariée, faite sur mesure à Saint-Ouen. C’était beau, c’était drôle. L’animateur n’a cessé de confondre les prénoms des mariés les appelant « Amir et Zafira ». Les mariés et leurs demoiselles d’honneur/garçons d’honneur arrivaient en trombe sur des musiques entrainantes pour chaque entrée, à chaque fois dans des tenues plus flamboyantes les unes que les autres. On retiendra le slam d’Amira, la leçon de morale du maire « vos petits soucis vous pouvez vous les garder pour vous », et enfin les deux longues heures pendant lesquelles les époux ont reçu des billets sur le front de la part des invités.

S’en suit l’aventure! Nous avons préféré louer une voiture avec chauffeur que de conduire seuls, afin d’éviter les mauvaises surprises en route. C’est donc Etienne qui nous a conduit de ville en ville, nous laissant découvrir tranquillement les beautés du Sud du pays.

Sur le Lac Mono, à l’embouchure de la Bouche du Roy, avec Etienne (en haut à droite)

Du Bénin, je retiens la gentillesse et le calme des gens. Comme souvent dans les sociétés non occidentales, la notion du temps est superficielle. Pourquoi se presser, pourquoi demander l’heure ? Lorsqu’on commande un plat, on peut facilement l’attendre 45 minutes ou 1H sans que cela n’embarrasse les serveurs. Peut-être sont-ils allés pêcher le poisson demandé à la carte ?

Les distances aussi leurs sont approximatives. Me sentant malade en route le premier jour, je demandais à Etienne à combien de temps se trouvaient les prochaines toilettes. Le sentant perplexe et me répondant vaguement « pas tout de suite», je lui demande de s’arrêter au plus vite. On trouve donc dans un village un coin toilette nauséabond, à la cuvette renversée, sans eau, qui ne donnait pas très envie. Quand on remonta en voiture, je réalisais avec stupéfaction que pas moins de trois minutes plus tard, nous étions arrivés à notre stop, où se trouvaient de vraies toilettes propres et fonctionnelles.

La route des esclaves (en haut à gauche); la pêche; Ouidah et le temple des pythons

Chaque arrêt que nous faisions avait un lien fort avec l’histoire du pays. Ainsi, nous visitâmes : les palais royaux d’Abomey où combattirent les guerriers des cités-Etats entre eux ; le lac Ahémé ou nous avons passé le nouvel an et dégusté du  poisson d’eau douce sur pilotis ; le fleuve Mono de Grand Popo où nous découvrîmes la fabrication de sel et la culture d’huitres et la Bouche du Roy qui se déverse dans l’océan;  le temple des pythons de Ouidah où on put s’entourer de serpents. Cette dernière ville nous a permis d’assister à une cérémonie vaudou pendant laquelle Paul a eu l’honneur d’égorger un poulet (le poulet était aussi surpris que nous). Cette visite permit aussi de voir la triste route des esclaves. Enfin, nous passâmes une après-midi à Ganvié, la « Venise de l’Afrique » où vivent sur pilotis quelques milliers d’habitants et qui ne se déplacent qu’à la force de leurs bras sur l’eau.

Ganvié

Je retiens enfin les moto-taxis, les soirées endiablées de Cotonou, où se mélangent locaux et expatriés, la mer agitée, la douceur de la nuit qui tombe, le mariage à 800 invités de Zafir et Amira et leurs tenues sublimes.

Team Canada réunie!

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